Les chants de shabbat dans les rites comtadin et portugais

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Le shabbat, jour de repos, est une institution de la vie juive. Et les chants qui rythment ce jour particulier, y tiennent une large place, tant à la synagogue avec les cinq office de Kabbalat shabbat à Motsei shabbat, qu’à la maison avec les rituels de l’allumage des bougies, le Kiddoush (bénédiction du vin) du vendredi soir, le Birkat hamazone (action de grâce à la fin du repas), ou encore la Havdala (dernier Kiddoush clôturant le shabbat). Il est également d’usage de chanter, au cours des quatre repas de shabbat, de nombreuses poésies religieuses appelées Zemirot (ou Tish nigounim chez les hassidim).
Le shabbat permet ainsi de trouver sa voie intérieure par le biais de sa voix extérieure.

La playlist suivante vous présente une sélection de chants de shabbat dans les rites comtadin et portugais.
Les Juifs du Comtat Venaissin (Carpentras, Avignon, Cavaillon et l’Isle-sur-la-Sorgue), qui ne furent jamais beaucoup plus de deux mille, descendaient des juifs languedociens et provençaux expulsés du royaume de France aux XIVe et XVe siècles, si bien que leur rite est celui qui plonge le plus profondément ses racines en terre française. Des rituels, d’abord manuscrits, puis imprimés au XVIIIe siècle, nous ont conservé les prières en usage. Mais les chants n’étaient transmis qu’oralement et ils auraient été irrémédiablement perdus si en 1885, sur l’initiative du Grand Rabbin Jonas Weyl et du Consistoire israélite de Marseille, deux israélites aixois, Jules-Salomon et Mardochée Crémieu, ne les avaient recueillis auprès des derniers chantres et réunis dans un ouvrage intitulé Chants hébraïques suivant le rite des communautés israélites de l’ancien Comtat Venaissin.
Le rite portugais (également dénommé « hispano-portugais ») est lié à l’histoire des marranes, ces juifs convertis de force au christianisme dès 1391. Subissant les persécutions des inquisitions espagnole et portugaise mises en place respectivement en 1481 et 1536, plusieurs centaines de marranes vont rejoindre des communautés juives déjà existantes (comme celles d’Amsterdam, de Londres, de Livourne, ou bien de Hambourg) où ils retournent ouvertement au judaïsme. D’autres, sous le couvert de leur identité chrétienne, s’établissent à Bordeaux, puis dans la région de Bayonne, au milieu du XVIe siècle. Par la suite, des échanges – notamment commerciaux - se tissèrent entre les différentes communautés portugaises et la pratique de ce rite s’étendit jusqu’à New York et dans les colonie hollandaises, tel Curaçao.

A noter que la plupart des morceaux de cette playlist sont pour les besoins de l’enregistrement accompagnés d’instruments de musique, ce qui n’est pas le cas lors des shabbat dans la plupart des synagogues. On retrouve dans certains des airs portugais l’influence de la musique occidentale des XVIIIe et XIXe siècles.

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En savoir plus sur les traditions musicales judéo-portugaises en France
Commander le CD Musiques judéo-françaises des XVIIIe et XIXe siècles
Commander le CD Musiques de la synagogue de Bordeaux (rite portugais)

À écouter

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  • Lekha dodi - Adolphe Attia (rite comtadin)

  • Yitgadal (Kaddish) - Adolphe Attia (rite comtadin)

  • Az yachir Mocheh - Adolphe Attia (rite comtadin)

  • Tsour michelo - Nekouda : Corinne Drai et Alain Huet (rite comtadin) (Extrait)

  • Hamake (partie du Emet) - Choeur Orféo (rite portugais, Bayonne) (Extrait)

  • Raou banim - Emile Jonas - Malkiel Benamara et Adolphe Attia (rite portugais, Paris)

  • En Kelohenu - Eliezer Abinun (rite portugais, Londres)

  • Keter - Abraham Lopes Cardozo (rite portugais, Amsterdam, New York) (Extrait)

  • Yom Hashishi - Abraham Lopes Cardozo (rite portugais, Amsterdam, New York)

  • Kiddoush du vendredi soir - Gilbert Léon (rite portugais, Bordeaux)

  • Kamti lehalel - Shimon Haliwa (rite portugais, Amsterdam) (Extrait)

  • Bendigamos (rite portugais, Curaçao)

  • Yigdal (rite portugais, Curaçao)

  • Lekha dodi (rite portugais, Curaçao)

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